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HISTOIRE DE LA GUERRE 1870-1871

Histoire de la guerre de 1870-1871 par le général Joachim AMBERT (Plon, 1873, 587 pages)

Dédicace,

« A vous, Messieurs et braves camarades des armées de l’Empire, je dédie cet ouvrage ; à vous, qui avez, partout et toujours, soutenu le nom vénéré de la France, et qui êtes appelés à relever de sa chute notre malheureux pays.

« A vous, marins, modèles des vertus militaires ; à vous aussi, soldats improvisés pour cette guerre, et dont le sang a généreusement coulé sur les champs de bataille.

« A vous tous, gens de cœur, qui avez défendu la FRANCE les armes à la main.

« Vous rappelez le mot de CHATEUBRIAND sur les armées de la première République : « L’honneur français s’était réfugié sous les drapeaux ».

« A vous encore, je dédie ce livre, mères, veuves, sœurs et filles de ceux qui sont morts pour la patrie.

Général AMBERT

 

« Ceux qui ont vu l’Empereur au moment de la déclaration de guerre, n’oublieront jamais combien il se montra préoccupé et quelle affliction s’empara de son âme en présence des démonstrations bruyantes qui précédèrent son départ pour l’Armée. Entrainées par le courant populaire, les musiques militaires jouèrent « La Marseillaise ». Les foules sinistres qui n’apparaissent qu’aux heures du péril escortaient ces musiques comme pour les dominer. .. Peut-être en ces jours douloureux l’Empereur éprouva-t-il quelques respects d’avoir trop hâté ce qu’il nommait le couronnement de l’édifice. Peut-être comprit-il, bien tard, hélas ! qu’il aurait dû résister à tout prix, et ne pas abandonner ses projets de réforme militaire devant les discours hypocrites de l’opposition et l’aveuglement de ses propres ministres. Lorsque la FRANCE avait relevé le trône impérial, le sentiment national aurait dû être interrogé avec plus de soin. Il y avait autre chose dans ce grand mouvement qu’une simple question de personne… Fatiguée des révolutions et des révolutionnaires, la FRANCE avait demandé l’ordre et l’autorité. En ce temps-là, nous nous plaisions à lire ce passage de SALLUSTE : « Restreignez le plus que vous pourrez l’amour de l’argent ; sans cela pas de direction possible dans les affaires publiques ou privées, soit au-dedans, soit au dehors. Une fois que la passion des richesses s’est déclarée, lumières, talents, intelligence, tout languit ; le sens moral lui-même finit tôt ou tard par succomber…Ce qui entretient l’émulation, c’est la gloire. ». Peu à peu, lentement, sournoisement, l’Empire se vit conquis par ceux-là mêmes qui l’avaient repoussé, et qui voulaient le perdre en l’exploitant. La constitution de 1852 convenait au tempérament de la FRANCE. Elle renfermait une somme de libertés suffisante et maintenait les principes d’autorité. .. Le jour où, sous prétexte de couronner l’édifice, on sortit de la constitution impériale, il n’y eut plus d’Empire, mais un gouvernement parlementaire. Sans doute la FRANCE aime la liberté et l’égalité, mais la liberté légale et l’égalité civile ; elle ne sépare pas la liberté de l’autorité, le droit du devoir… Le seul mot « Empire « exprime l’idée de force, de justice, de grandeur morale. Un empire doit être respecté. Représentant de la nation, qui lui a confié ses destinées et son honneur, un empire n’a pas le droit de faire des concessions, parce qu’en ses mains l’autorité n’est qu’un dépôt confié par le peuple. La FRANCE demande à être virilement et fièrement gouvernée. Elle veut que son souverain soit respecté, car toute injure au souverain est une injure à elle-même. Nous savons que l’attitude de NAPOLEON III pouvait se modifier d’un jour à l’autre. Son extrême bonté s’alliait à une grande fermeté. Il se serait lassé d’un rôle qui n’était digne ni de son nom ni de son cœur. Mais le mal avait produit de profonds ravages, et les vrais impérialistes le savaient mieux que l’Empereur. Tel était l’état des choses lorsque la guerre fut déclarée. L’Empereur, qui connaissait la valeur du peuple français, put croire qu’un grand réveil national allait se faire. Ce réveil se serait fait, nous n’en doutons pas, si depuis longtemps les intrigues révolutionnaires n’avaient porté le trouble dans la conscience politique… On a dit que l’Empire avait corrompu la FRANCE. Ceux qui formulent cette accusation n’ont lu ni MONTAIGNE, ni BRANTOME, ni le cardinal de RETZ, ni le duc de SAINT SIMON. Ils n’ont pas ouvert les Mémoires publiés depuis deux ou trois cent ans, ils ont jeté loin d’eux les moralistes LA BRUYERE, LA ROCHEFOUCAULD, VAUVENARGUES. La corruption est vieille comme le monde. Elle se transforme suivant les temps. On la voit galante avec la Régence, réaliste avec le Directoire, grossière avec la République, mais elle est toujours là, et pas un seul gouvernement n’a pu l’exclure de la société, qui d’ailleurs lui fait bon accueil. SOCRATE, PERICLES, ALCIBIADE, se faisaient gloire d’assister aux banquets d’ASPASIE ; LUCULLUS était plus fier de son luxe que de ses victoires sur MITHRIDATE ; le consul CALPURNIUS se laissait acheter par JUGURTHA, et signait un traité honteux pour le peuple romain… Malheureusement, l’Empereur n’avait pas conscience de tout ce que la démagogie avait déjà fait pour pervertir l’esprit des uns et amoindrir le prestige des autres. L’Empereur pensa que pour augmenter nos forces nationales et assurer à la FRANCE le rang qu’elle devait tenir en EUROPE, il suffisait de donner à notre état militaire un plus grand nombre de soldats et à notre armée une organisation meilleure. NAPOLEON iii se fit le promoteur des changements qui devaient nous assurer ces deux résultats. Le premier, il provoqua les modifications qu’il était indispensable d’apporter dans la législation en vigueur ; il s’efforça d’en démontrer la nécessité , et it les plus nobles efforts pour rendre la FRANCE puissante. Mais il rencontra des résistances qu’il n’avait pu prévoir. Sa volonté s’y brisa, et ce qu’il obtint, en somme, de ceux qui auraient dû partager ses patriotiques projets, ne répondit en aucune façon aux nécessités de la situation politique et militaire de la FRANCE. Vers la fin de 1866, l’Empereur confia l’examen de cette situation à une haute commission composée, sous sa présidence, des membres de son gouvernement, des maréchaux et de quelques généraux choisis dans les différentes armes. Les membres militaires de cette commission se montrèrent unanimes, ou à peu près unanimes, pour réclamer l’adoption des principes qui pouvaient seuls préserver la FRANCE d’une invasion. Ces membres militaires s’associèrent complétement à la pensée de l’Empereur, qui demandait l’extension des forces et les progrès moraux… Après de longues et vives discussions, toutes ces propositions, si logiques, si équitables, si indispensables, propositions adoptées par le souverain et formulées par les généraux, furent rejetées par les ministres de l’Empereur. Deux de ces ministres se montrèrent particulièrement hostiles au développement de l’armée, et combattirent à outrance les projets appuyés par les hommes de guerre. Ces ministres placèrent les intérêts politiques intérieurs au-dessus des intérêts militaires ; ils invoquèrent les chiffres du budget. L’Empereur vit donc succomber ses espérances de régénération… Après huit mois d’études et de recherches, l’Empereur livra son travail à l’impression à la fin de l’hiver 1868. Cent exemplaires seulement furent tirés sous le titre de « Composition des armées en 1868 ». Ce travail important, surtout la préface, prouvent que le souverain qui gouvernait la FRANCE ne songeait nullement à une guerre offensive, mais seulement à se mettre en mesure de résister. Ce travail prouve encore combien l’Empereur était préoccupé de la réorganisation de l’Armée. Deux années se passèrent pendant lesquelles les ministres ne tinrent aucun compte des projets de l’Empereur. Ces ministres se croyaient prêts… Pendant les années qui précédèrent la guerre, l’Empereur se livra donc à de longues études et à des expériences toutes dirigées vers les progrès militaires… Qu’on lui reproche de n’avoir pas montré une volonté plus ferme, de n’avoir pas imposé son autorité pour briser des résistances insensées ou coupables, mais qu’on ne l’accuse pas d’avoir voulu la guerre, et de n’avoir rien fait pour la préparer… Pour tout dire, l’Empereur, par instinct et par caractère, n’aimait pas la guerre. Sa véritable nature était pacifique. Son humeur calme, inaltérable, sa bienveillance , sa bonté, ses aptitudes littéraires et scientifiques, son humanité, lui faisaient désirer la paix plus que la guerre… La FRANCE a le droit de demander compte à quelqu’un du retard apporté à la formation de son armée de guerre. Est-ce au gouvernement ou à l’opposition qu’il faut demander ce compte sévère ? Le gouvernement impérial, par l’organe du maréchal de France, ministre de la guerre, suppliait la Chambre de l’aider à rendre l’ Armée plus forte. Si le ministre de la guerre prononçait le mot « invasion » M. PELLETAN s’écriait : « Mais une invasion elle-est possible ? on s’indignerait si je formulais une prévision semblable, et on aurait raison ». Puis M. Jules FAVRE reprenait : « Nos véritables alliés sont les idées, c’est la justice, c’est la sagesse… la nation la plus puissante est celle qui peut désarmer… Donc, au lieu d’augmenter nos forces, rapprochons-nous sans cesse du désarmement ». « Oui, disait M. PELLETAN, le « militarisme » est la plaie de l’époque ; nous voulons une armée qui n’en soit pas une ». « Il n’y a qu’une cause qui rende une armée invincible, reprend M. Jules SIMON, c’est la liberté ».