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LE GENERAL CAVAIGNAC

Le Général CAVAIGNAC (1802-1852) par le Général Joachim AMBERT, biographie extraite des « Illustrations et Célébrités du XIXème siècle » (1884-1886) page 115 à 163.

« C’est la seule grande figure qui se soit détachée sur le fonds terne de la Révolution de 1848 ; il gardera sa hauteur dans l’Histoire » Alexis de TOCQUEVILLE.

« Les contemporains du Général CAVAIGNAC disparaissent de jour en jour, et la postérité qui commence pour lui le jugera trop sévèrement peut-être. S’il fût mort aux heures de la popularité, PARIS lui eût élevé des statues. Mais le général s’éteignit dans une retraite silencieuse comme l’ingratitude sait en faire. Nous avons été assez heureux pour connaître Eugène CAVAIGNAC longtemps avant qu’il ne devint célèbre. En écrivant ces pages, nous serons un témoin consciencieux, parlant sans haine et sans crainte. Le peintre qui eût voulu personnifier l’aristocratie dans un tableau monumental n’aurait pas mieux s’inspirer qu’en étudiant Eugène CAVAIGNAC. D’une taille élevée et bien prise, la figure rayonnante de noblesse, le regard ferme et fier, la physionomie impérative, grave, sévère, mais douce, le sourire fin et d’une extrême bonté, la voix mâle et harmonieuse, Eugène CAVAIGNAC rappelait les capitaines gentilhommes compagnons du Béarnais dans les champs, d’ARQUES et d’IVRY. Quoique d’origine méridionale, il n’était pas animé de ces passions fougueuses qui troublent la raison aux heures critiques de la vie. Nous l’avons vu le jour et la nuit au milieu des tourmentes de la guerre civile ; nous l’avons vu en AFRIQUE, entouré d’ennemis implacables ; nous l’avons vu à la tribune assailli par les clameurs d’adversaires en délire ; nous l’avons vu porté triomphalement par une bourgeoisie tremblante de peur ; nous l’avons vu descendre du pouvoir suprême avec une dignité sans exemple ; et dans ces jours si différents, dans ces circonstances diverses, il était le même, grand de courage et d’une grandeur qui touchait à la majesté. Dans la vie privée sa simplicité lui attirait lui attirait les sympathies . Il ne cherchait jamais à fixer les regards, à se faire écouter, à effacer qui que ce fût. Entouré d’intrigues aux jours de sa puissance, il conservait son indépendance, et les calomnies aussi bien que les flatteries glissaient sur cette nature loyale… CAVAIGNAC écoutait en silence et suivait sa voie sans se détourner de son but. Il pensait à fonder la République honnête, juste, appuyée sur une armée nationale. Etait-il un profond politique ? Nullement. Etait-il animé d’une ambition déraisonnable ? Non, certes. CAVAIGNAC se sentait militaire avant tout. La politique ne venait qu’après la discipline, depuis son séjour en AFRIQUE. Seul, en FRANCE, il pouvait fonder la République, parce que le sang républicain coulait dans ses veines, et surtout parce qu’il avait l’honneur de porter l’épée et savait s’en servir contre l’anarchie. Aussi, les Montagnards le considéraient-ils comme un Girondin et se sentaient heureux de le combattre après l’avoir calomnié. C’était là le souci de son âme. Le doute y pénétrait peu à peu et il commençait à comprendre que si les Républicains l’avaient mis à leur tête, ce n’était point pour lui obéir, mais pour le diriger dans un chemin qui n’était pas le sien. Eugène CAVAIGNAC était incapable de s’emparer du pouvoir par la violence… Placé dans une situation extrêmement délicate et difficile, le général CAVAIGNAC se soutint, moins par habileté que par loyauté. En rentrant dans la vie privée il emporta l’estime des honnêtes gens. Cependant ils furent ingrats et s’empressèrent d’oublier que le chef du pouvoir exécutif avait sauvé la société en combattant l’anarchie dans sa plus redoutable levée de boucliers. Ces journées de guerre civile furent douloureuses pour Eugène CAVAIGNAC ; mais il ne balança pas un seul instant. Lorsque nous le voyions monter à cheval pour se mettre à la tête des troupes, nous le suivions presque toujours. Il embrassait sa vieille mère et s’éloignait tout songeur. Ses ordres étaient simples, clairs, prononcés d’une voix calme avec une politesse parfaite. Le général CAVAIGNAC ne possédait pas une intelligence supérieure, brillante, forte et faite pour dominer. Ses amis, au temps de la Monarchie de Juillet, le considéraient comme appelé aux rôles secondaires, par son nom et par le crédit de son frère Godefroy, bien plus que par son mérite personnel. On ne savait pas, dans le camp républicain, combien la vie militaire développe les facultés. Eugène CAVAIGNAC avait une parole facile, franche d’allures, courageuse et entraînante. Il eut de véritable succès de tribune, et dépassa de beaucoup les avocats de profession… Hâtons-nous de rappeler qu’après les journées de Juin 1848, l’Assemblée Nationale proclama que le Général CAVAIGNAC avait bien mérité de la patrie. Cette proclamation honore son berceau et sa tombe. Louis-Eugène CAVAIGNAC était né à PARIS le 15 octobre 1802. Son père, Jean-Baptiste CAVAIGNAC, député à la Convention Nationale, avait deux fils, Godefroy et Eugène… Pendant qu’il remplissait les fonctions de gouverneur général de l’ALGERIE, les électeurs de tous les départements nommaient leur représentant à l’Assemblée Constituante. Le général CAVAIGNAC fut élu à PARIS et dans le département du LOT, berceau de sa famille. Il opta pour le LOT. Celui qui écrit ces lignes, nommé député dans le même département, vit son nom figurer à côté de celui du Général CAVAIGNAC sur la même liste et choisi par les mêmes électeurs… CAVAIGNAC fut nommé Ministre de la Guerre… Sans doute le général CAVAIGNAC était digne de la confiance publique, sans doute son épée pouvait faire triompher la justice ; mais le désordre était tel à PARIS, les passions si violemment surexcitées que l’effusion du sang était inévitable. CAVAIGNAC, à cette heure suprême, était inévitable. CAVAIGNAC, à cette heure suprême, était appelé, non pour administrer mais pour frapper… Malgré toutes les attaques dirigées contre lui, le général CAVAIGNAC croyait que le suffrage universel l’appelerait à la Présidence de la République. Ses amis le disaient et les préfets dans leurs rapports ne le mettaient pas en doute. Le Prince LOUIS NAPOLEON eut pour lui la légende de SAINTE-HELENE, et les instincts monarchiques de la Nation française. Le général CAVAIGNAC obtint environ un million et demi de suffrages ; le Prince LOUIS NAPOLEON en réunit près de cinq millions et demi… La vie publique du général CAVAIGNAC est terminée… Pendant son pouvoir, le général habitait l’ancien Hôtel MONACO, rue de Varenne, dont les vastes salons s’ouvraient le mardi. Après le vote qui donnait la Présidence de la République au Prince LOUIS NAPOLEON, CAVAIGNAC se retira dans un modeste appartement, où il ne reçut que ses intimes amis. Il assistait régulièrement en qualité de député aux séances de l’Assemblée. Il ne monta à la tribune que rarement… Nous parlions avec le Général CAVAIGNAC et quelques amis, des grands hommes du règne de LOUIS XIV et de la Première République. Les uns vantaient TURENNE et CONDE, les autres Lazare HOCHE et KLEBER. « Mes héros, dit CAVAIGNAC, sont VAUBAN et DESAIX, deux modestes qui travaillent beaucoup et parlent peu ». Le 28 octobre 1857, le général CAVAIGNAC qui depuis longtemps était atteint d’une maladie du cœur, se trouvait dans un salon causant avec quelques amis. Il aimait la chasse et se livrait à cet exercice plus que ne voulait sa santé. On vint lui dire qu’une compagnie de perdreaux s’abattaient près de sa maison. Saisissant son fusil, le général sortit, se dirigea vers les perdreaux, ajusta et fit feu. Il tomba en poussant un grand cri. La mort avait été foudroyante… Combien de fois n’avons-nous pas mis la figure du général CAVAIGNAC auprès de celle de WASHINGTON ! … L’égalité n’est possible que devant la justice dans un pays où chacun veut être le supérieur de ses égaux et l’égal de ses supérieurs. »