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LE GENERAL DROUOT (1774-1847)

LE GENERAL DROUOT (1774-1847)
LE GENERAL DROUOT (1774-1847)

LE GENERAL DROUOT par le Général AMBERT (1879) – 144 pages –

« … Nous allons suivre le Général DROUOT dans sa retraite. En arrivant à NANCY, il fit choix d’une modeste maison avec jardin, maison silencieuse où l’on pouvait prier et travailler. Jusqu’alors il s’était occupé d’artillerie, son esprit s’était renfermé dans les études militaires ; il ne voulut pas brusquer la transition, et demeura dans le domaine de la science des armées. Il se mit à la fortification et aux constructions ; depuis 1816 jusqu’en 1820, il composa une foule de mémoires sur la défense des frontières de FRANCE. Il allait voir lui-même le pays, afin d’en connaître les côtés forts, et les côtés faibles… Après avoir consacré son temps à l’étude de la fortification, le général DROUOT se livra aux études historiques. Il écrivit des mémoires sur les guerres de la République et de l’Empire, et résuma les grands événements politiques modernes. Il mit à ses travaux une telle conscience qu’on le vit parcourir les principaux champs de bataille et se mettre en relations suivies avec les généraux, les diplomates et les ministres qui avaient pris part aux traités. Par un singulier hasard, le général DROUOT traitait les mêmes sujets qui, à SAINTE-HELENE , donnaient naissance aux Mémoires de NAPOLEON Ier. Tout ce qu’avait écrit DROUOT fut par lui-même livré aux flammes, peu de temps avant sa mort. Nous devons déplorer cette perte. L’opinion d’un homme de bien, sur les événements politiques surtout, eût été précieuse à connaître. Le général vivait à NANCY, recherchant la solitude, mais sans misanthropie. Il ne fuyait pas les hommes, mais était économe de son temps. Il n’aimait nullement les visites inspirées par la curiosité, et qui sans profit dévoraient ses heures. Il eût aimé la conversation lorsqu’elle régnait dans les salons modestes, mais il fuyait le bavardage, qui ne laisse après lui que lassitude et regrets. Les habitants de la LORRAINE, qui ne voyaient et n’entendaient le général que rarement, l’entourèrent d’une grande estime, mais ne surent jamais le comprendre. Ils savaient que la ville de NANCY servait de retraite à un homme éminent, grand général, esprit cultivé, distingué du maître, vertueux et religieux ; mais ils ignoraient la valeur réelle de leur compatriote. Il leur était difficile de comprendre que cet officier, fils d’un boulanger était un homme de PLUTARQUE. Autour du pauvre officier tout s’agitait ; l’un donnait des fêtes dans sa brillante demeure, l’autre jouait un rôle politique ; on louait l’esprit brillant d’un littérateur à la mode, ou les succès mondains de quelque poète de salon ; qui donc se serait avisé de s’arrêter dans sa marche rapide pour admirer le pauvre officier retraité ? Il avait déposé son brillant uniforme de général ; son épée demeurait suspendue à la muraille ; sa voix de commandement s’était éteinte, et devant sa porte les sentinelles ne veillaient plus. Le général DROUOT vécut ainsi longtemps presque oublié par ses compatriotes. De loin en loin, lorsqu’un nuage assombrissait l’horizon, on se souvenait du vieux capitaine pour lui demander conseil et protection. Mais ce ne fut qu’à sa mort que justice lui fut rendue. Celui qu’ils avaient fait lieutenant de la garde nationale eut sa statue de bronze sur la place publique. NAPOLEON Ier a dit dans ses Mémoires : « Le travail est mon élément ; je suis né et construit pour le travail. J’ai connu les limites de mes jambes, j’ai connu les limites de mes yeux ; je n’ai jamais connu celle de mon travail ». Le général DROUOT pouvait parler ainsi ; il ne connut jamais les limites de son travail. Enfant, il travaillait à la lueur du four que son père allumait avant que la nuit fût finie. Vieillard infirme, brisé de fatigues et privé de la vue, il travaillait en écoutant une lecture ou en dictant des notes précieuses. Bien heureux sont ceux auxquels DIEU a fait aimer le travail. Ils ont reçu de la main de DIEU ce présent céleste qui soutient et console. DROUOT eut en partage ce trésor inépuisable. C’est par le travail qu’il sortit d’une condition souvent douloureuse ; c’est par le travail qu’il servit glorieusement la FRANCE ; c’est par le travail qu’il put vaincre les cruelles épreuves de ses derniers jours. DIEU a dit à l’homme : « Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front ». Mais en ordonnant le travail, DIEU l’a pénétré d’un éternel parfum. En vérité, on peut dire que le travail est plein de charmes. C’est un ami, le plus fidèle de tous. Il nous suit pas à pas, et murmure à notre oreille des promesses que nous seuls pouvons entendre. Au laboureur qui creuse son sillon, le travail promet une riche moisson ; à l’écrivain qui compose son livre, le travail fait espérer une œuvre utile ; le travail sourit à l’artiste pauvre et obscur qui se laisse aller au découragement, et, lorsque le travailleur a déposé son outil, bêche, plume et pinceau, le travail n’abandonne pas le travailleur, il fait toujours entendre son doux murmure ; la nuit, il veille près du chevet, et le jour il répète sans cesse les plus belles promesses… N’avez-vous jamais rencontré, dans la foule distraite, un homme au front pensif, au regard fixe, aux lèvres frémissantes ! C’est unsavant, un artiste peut-être qui poursuit son travail. Vous le croyez seul, et peut-être le plaignez-vous de cet isolement. Non, il n’est pas seul, un ami fidèle l’accompagne, et cet ami se nomme le travail. Il fait résonner toutes les cordes de son âme, il réchauffe son cœur, il éclaire sa pensée d’une lumière éblouissante. Nulle souffrance, nul chagrin, nulle disgrâce ne sauraient résister à la puissance du travail. Par lui seul l’homme devient fort, car le travail est une lutte d’où les corps ou les esprits sortent avec une vie nouvelle. On a vu le prisonnier oublier ses fers en se réfugiant dans le travail ; on a vu le vice remplacé par la vertu au souffle du travail ; et, lorsque le travail frappe à la porte qui s’ouvre devant lui, il chasse la misère du logis… Il se levait avant le jour pour travailler à la lueur d’une lampe ; le soir, il veillait entouré de ses livres. Les ambitions humaines, les haines et les amours, les espoirs et les regrets, passaient sans l’atteindre, parce que le travail le protégeait. Une idée qu’il poursuivait lui aurait fait oublier tout, excepté l’église et les pauvres. Il poursuivait ainsi sa route sans détourner la tête, n’ayant nul souci de l’opinion et ne s’arrachant au travail que pour rendre service… Lorsque ma plume trace cette ligne à votre intention, lecteur ou lectrice, je suis récompensé si, à l’heure des épreuves, vous vous souviendrez du général DROUOT, le brave et le savant, dont le front s’inclinait devant DIEU Un prêtre de NANCY exprimait un jour au général son étonnement de lui voir professer une aussi grande admiration pour l’Empereur NAPOLEON. Le général répondit : « Monsieur le curé, je vais vous raconter une scène dont j’ai été témoin et qui vous fera comprendre ce que vous nommez mon admiration. Le soir d’une grande victoire, NAPOLEON recevait dans sa tente les félicitations de ses généraux. « Sire, dit l’un d’eux, c’est le jour le plus heureux de votre vie – Non, s’écria l’Empereur, non général « . Un autre général prononça le nom de MONTENOTTE ; un troisième rappela le 18 Brumaire ; un autre MARENGO. « Non « disait toujours NAPOLEON. Enfin deux ou trois maréchaux s’écrièrent : « AUSTERLITZ, le couronnement, la naissance du roi de ROME – Non, Messieurs « répéta l’Empereur. Alors, d’une voix grave, il dit : « Le plus beau jour de ma vie a été le jour de ma première communion « .