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LE MARECHAL DE VAUBAN

Le maréchal de VAUBAN (1633-1707) par le général Joachim AMBERT ouvrage de 352 pages (1882)


« … Son enfance fut cruelle et entourée de privations… Cette enfance sévère ne fut pas sans influence sur la vie de VAUBAN. S’il ignora les joies des premières années, il connut les épreuves qui rendent fort. Sa couche de pailles, son pain noir, ses longues marches dans la neige ou sous les ardeurs du soleil, ses vêtements grossiers, la sombre attitude de son père, les labeurs de sa mère, tout contribua à le tremper fortement, à imprimer à son caractère, une vigueur singulière, et à faire pénétrer son esprit dans les difficultés de la vie. Ce contact habituel avec les misères lui fit connaître de bonne heure, ce qu’est le peuple. Parvenu aux faîtes des honneurs, VAUBAN n’oublia jamais ce peuple au milieu duquel il avait passé les premières années de sa vie… Il partit de son village natal SAINT LEGER de FOUCHERET –aujourd’hui SAINT LEGER VAUBAN dans l’YONNE - … Le jeune voyageur portait un sac de forte toile contenant sa fortune. Sa main était armée d’un bâton noueux coupé dans la forêt voisine. Une bourse de cuir renfermait sept écus de six livres économisés par le curé du village. Il est inutile d’ajouter que le voyage se faisait à pied. VAUBAN partait au point du jour et ne s’arrêtait que le soir ; il se reposait près de quelque ruisseau, tirait de son sac un morceau de pain, et songeait à l’avenir. C’était l’hiver de 1651, hiver fort rude pour les gens pour les gens de la campagne que la neige désolait. Le soir, notre voyageur trouvait l’hospitalité dans une chaumière, et souvent couchait sur la paille, entre les chevaux de labour et les bœufs aux robustes poitrails. L’abbé FONTAINE accompagna son élève jusqu’aux limites de la paroisse, lui donnant ses derniers conseils. Ce bon prêtre voyait dans le futur soldat son œuvre complète. Il avait pris l’enfant au sortir du berceau, et ne s’était jamais séparé de lui. Les jours, les mois, les ans s’écoulaient, et le curé voyait se développer une intelligence, se former un caractère, s’enrichir une mémoire ; il assistait à une création, écoutait les battements du cœur, et lisait dans cette jeune âme simple et naive. Avant de suivre VAUBAN dans sa nouvelle carrière, prenons congé de l’abbé FONTAINE. Son souvenir dura longtemps à SAINT-LEGER du FOUGERET et l’on parlait encore de lui au moment de la Révolution. Lorsque ses forces ne lui permirent plus d’accomplir tous les devoirs de son ministère, VAUBAN, devenu célèbre, lui fit accepter une retraite honorable dans l’une de ses seigneuries. Le vieux prêtre eut, avant de rendre son âme à DIEU, le bonheur et la gloire de presser dans ses bras son petit écolier, devenu l’un des grands hommes du siècle de LOUIS XIV… Observateur profond, humain au milieu du carnage, homme de bien en toutes circonstances, disant la vérité même à la Cour, VAUBAN s’est fait une place à part au milieu des grands hommes du siècle de LOUIS XIV… Un des traits distinctifs de son caractère était une curiosité qui l’entraînait dans toutes les questions. S’arrêtait-il dans un hameau, il en parcourait les alentours, étudiant le sol et ses produits, s’informant du prix de la terre et de son revenu. Il interrogeait le paysan à sa charrue et voulait savoir les moindres détails de son existence ; dans les villes, il parcourait les rues, comparant entre elles les diverses architectures, prenant des notes sur le commerce et l’industrie. On le vit souvent dans les tranchées, lorsque les balles sifflaient autour de lui, s’enquérir auprès des soldats de leurs moindres intérêts, de leur pays, de leur famille, de leurs projets d’avenir. Il passait d’un travail à un autre avec une prodigieuse facilité et sans effort, ce qui explique comment il multiplia son temps et ses forces, et ne perdit aucun moment. D’une simplicité presque monacale, il ignorait complètement le luxe des vêtements ou de la table ; ses terres étaient admirablement cultivées, mais ses châteaux demeuraient modestes. Il lisait peu, mais dix pages d’un bon livre le faisaient méditer longtemps ; on le vit quelquefois s’arrêter subitement dans sa lecture, poser le livre et, la tête penchée, songer une heure entière. Une idée de l’auteur avait frappé juste, et, comme l’acier sur la pierre, fait jaillir l’étincelle… On se souvenait encore, il y a peu d’années, par une tradition vague, mais précieuse au villageois, d’une visite de VAUBAN à SAINT-LEGER du FOUGERET, son village natal ; il arrivait de l’armée couvert de gloire, riche, aimé du Roi, admiré de l’EUROPE. Son nom avait retenti, dans ce pauvre village, témoin de son enfance… Tous, vieillards et enfants, ménagères et laboureurs, accoururent au-devant du carrosse qui amenait VAUBAN, les bannières au vent, les fenêtres garnies d’arbustes verts, le village en fête. Lui, le sourire aux lèvres, plus heureux qu’à la prise d’une citadelle, descendit de sa voiture et se perdit dans cette foule de bonnes gens, embrassant l’un, serrant les mains de l’autre, appelant chacun par son nom, rappelant quelque histoire d’autrefois. Une vieille femme qui avait souvent partagé avec lui sa galette se trouvant près du grand homme, il la pressa dans ses bras, glissant aux plis de son tablier une bourse pleine d’or. VAUBAN aimait à se rappeler cette journée, une des plus belles de sa vie, et dont LOUIS XIV lui demanda le récit dans son palais de VERSAILLES. L’humanité de VAUBAN semblait dominer toutes ses qualités. Il avait pour la vie humaine un respect religieux… Toutes les questions qui ne sont pas encore résolues de nos jours, les questions qui passionnent les hommes politiques à la fin du XIXème siècle, étaient tranchées par VAUBAN, il y a deux cents ans. Avec son inaltérable bon sens et sa complète indépendance d’esprit, il allait droit au but, sans se laisser égarer par l’opinion du jour. »