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LES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES

LES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES par le Général Joachim AMBERT (1878) – 138 pages

Préliminaires

« Quel dévouement, quelle abnégation ! et après tout, cette vie de sacrifices ne doit pas être douloureuse, puisqu’elle laisse sur la physionomie de telles empreintes de sérénité » Frédéric BASTIAT

« Les Frères et les Sœurs, voilà, à l’école et à l’hôpital, les grands bienfaiteurs du peuple « THIERS

 

PRELIMINAIRES

« Ecrire la vie des hommes illustres, capitaines, orateurs ou poètes, est une heureuse pensée. Nous devons, dans la mesure de nos forces, faire revivre ceux qui ajouté à la grandeur de la FRANCE, honoré l’Humanité, et rendu d’éclatants services. D’ailleurs, il y a dans ces existences si belles, des exemples à imiter. Aussi, nos bibliothèques sont-elles riches sous ce rapport, et l’indulgence aidant, nous avons des galeries de grands hommes d’une singulière étendue. Ne nous en plaignons pas ; il est si doux pour un honnête écrivain de décerner la couronne d’immortalité ! Chacun, parmi les gens de plume, a son panthéon prêt à recevoir son héros. Ceux-ci sont de qualité : ministres, ils ont gouverné les états ; conquérants, ils ont déplacé les bornes des empires ; orateurs et poètes, leurs accents réveillent encore les échos ; savants, ils domptent la nature. On s’incline volontiers devant ces génies, et l’on trouve à les célébrer une gloire qui participe de la leur. Cependant tout en saluant avec un respect aussi profond que sincère les bruyantes renommées de tous les temps, nous voulons aujourd’hui nous éloigner discrètement pour porter ailleurs nos pas. En ce jour, les rayons de la gloire sont pour nous comme ceux du soleil ; ils nous éblouissent. Nous préférons donc une ombre douce ;qu’il ne faut pas confondre avec l’obscurité. Eloignons-nous de la foule, fuyons la tribune où l’orateur s’agite, le théâtre ou le poète arrache des larmes aux spectateurs de son drame. Venons au village, au milieu des champs, arrêtons-nous devant une modeste école, et profitons d’une fenêtre ouverte pour plonger un regard dans cet asile où préside un frère des Ecoles chrétiennes… Comment le frère peut-il, en si peu de temps, ensemencer le champ rebelle à toute culture, que l’on nomme l’intelligence du petit villageois ? Cependant les efforts du frère sont couronnés de succès. Mais quels travaux, quelle patience, quelle connaissance de ces cœurs naifs, quelle étude de ces caractères rustiques ne faut-il pas à ce frère ? Il s’empare ainsi, presque chaque année, d’une nouvelle génération. Il recommence cette marche lente et lourde tant que ses forces le lui permettent. Il a débuté aux premières heures de la jeunesse, il ne s’arrête pas une seule fois jusqu’à la vieillesse… L’enfance appartient au frère de l’école. Il fait éclore ces intelligences, les éclaire et les développe ; il enseigne ce qu’il faut savoir au village ; il parle de DIEU qui a créé les montagnes et les fleuves… Frère, qui donnez la leçon à ces petits enfants des humbles travailleurs, ne vous interrompez pas un seul instant pour rendre le salut que vous adresse le passant. Il va s’éloigner en songeant à vous. Il vous aimait depuis longtemps parce qu’il vous avait vu à l’œuvre sur le banc de l’école. Mais, depuis la dernière guerre, il vous admire parce qu’il est soldat. Ne rougissez pas, mon frère, et ne baissez pas les yeux ; si l’on prononce devant vous le mot ambitieux d’ »admiration ». Nous admirons bien l’architecte qui élève un monument colossal, le Panthéon ou Saint-Pierre de ROME ; nous admirons bien BOSSUET prononçant une oraison funèbre ; nous admirons bien BAYARD à MARIGNAN. Mais au-dessus de toutes ces choses et de tous ces hommes, nous admirons JEANNE D’ARC… Eh bien, cher frère, vous personnifiez le sacrifice au milieu de notre civilisation toute faite de luxe, de jouissances et de richesses. Les hommes s’agitent en tous sens : Ceux-ci pour une gloire passagère, ce sont les meilleurs ; ceux-là pour écraser leur prochain, ce sont les mauvais. Mais nul d’entre eux n’oublie un seul instant son intérêt personnel. Il s’aime par-dessus tout, et ses pensées comme ses actions se rapportent constamment à lui. Ainsi le veut notre fragile nature, non pas que l’homme ignore la beauté du sacrifice, loin de là, il l’admire. Aussi le voyons-nous souvent accepter pour une minute, pour une heure, ou pour un jour les périls du sacrifice. Il brave la mort aux incendies et aux inondations. Pour sauver son semblable, il sait lutter contre les épidémies, les fléaux et la mort même. Il est donc prêt pour un sacrifice qui le grandit à ses propres yeux, réjouit son cœur et satisfait son âme. Vous, mon frère, êtes l’homme, non d’un sacrifice connu, déterminé, mais l’homme du sacrifice. Le sacrifice est votre existence. Vous ne demandez pas ce qu’il sera. Vous l’acceptez simplement et humblement. Vous dira-t-on de vivre un demi-siècle dans le plus inconnu des hameaux, vous acceptez en silence ; vous ordonnera-t-on de traverser les mers pour le service, vous partirez sans jeter un regard en arrière ; vous quitterez la maison paternelle, vous vous séparerez de vos amis, de vos compagnons, de vos chefs, pour le reste de vos jours peut-être, sans qu’un regret se lise dans vos yeux. Je vous ai vu à l’école enseignant à lire aux petits enfants ; je vous ai vu dans les prisons, dirigeant les criminels vers le droit chemin ; je vous ai vu aux ambulances prodiguant des secours aux soldats mutilés ; je vous ai vu sur le champ de bataille, sauvant la vie aux gens de guerre : enfin, mon frère, je vous ai vu tout sanglant, rapporté du combat sur le brancard que nous nommons le lit des braves. Voilà le sacrifice complet, tel que DIEU l’entend. Nous demeurons plus ou moins longtemps sur la terre et les autres naviguent ; il en est qui cultivent les sciences et d’autres qui exercent le commerce. Les siècles passent comme ainsi et les générations se succèdent. Vous passez comme nous, avec votre génération, en remplissant votre mission. Elle est tout entière dans le mot « sacrifice ». L’idée que représente ce mot est presque contre nature. Aussi les plus grands hommes sont ceux qui ont tracé des règles pour le sacrifice. Ces hommes ont exercé sur la société humaine plus d’influence même que les souverains, Empereurs et Rois. Ils ont formé dans la société une société plus parfaite. Cette société plus parfaite a exercé une vigoureuse impulsion sur ce qui l’entourait, elle a poursuivi un but, elle a rendu un service… Les Américains qui luttent contre la nature, abattent les forêts, et renversent les rochers, disent souvent que la culture est facile, que le défrichement seul est entouré de difficultés. Vous êtes des défricheurs et votre œuvre est tellement surprenante que l’esprit ne saurait en embrasser l’ensemble. Le même jour et à la même heure, dans tous les états de l’EUROPE, en AMERIQUE, en AFRIQUE, en ASIE, sur les diverses parties du globe, il se trouve un groupe de petits enfants réunis autour d’un frère. Il leur enseigne la vie, car celui qui ne participe point à la leçon du frère, ne peut vivre dans le milieu où il est né. Les autres le dépassent et il succombe par son infériorité… Un Français vint s’établir aux ETATS-UNIS pendant la Révolution et se fixa dans l’état de NEW-YORK. Ne possédant rien, il entra dans une compagnie de bateaux qui desservaient les deux rives du MISSISSIPI. Il devint peu à peu capitaine de l’un des bateaux. Quelques années après ses débuts, cet homme possédait un navire, puis deux, puis vingt. Laborieux, économe, intelligent, il vit sa fortune augmenter rapidement. Toujours prêt à rendre service, d’une discrétion à toute épreuve, fort habile en affaires, cet homme exerça bientôt une grande influence. Sa probité, sa délicatesse surprenaient les Américains qui le considérait comme un personnage mystérieux. En effet, nul ne lui connaissait un seul parent, et sa vie, très sévère, était entourée de privations. Après de longs travaux, cet homme de bien mourut en 1825, laissant dix-neuf millions de fortune. On trouva dans l’appartement qu’il louait depuis longtemps une petite malle en bois. Ce coffre renfermait un testament et le costume de frères des écoles chrétiennes. Les millions étaient entièrement consacrés à de pieuses fondations. Il n’y avait pas un centime qui ne fût destiné à une œuvre de charité. Il avait accompli son vœu en consacrant sa vie au service des pauvres…dédain pour la vie privée, l’existence obscure, la carrière modeste à laquelle il ne saurait se soustraire. Les frères des écoles chrétiennes ont seuls le talent, qui d’ailleurs semble naturel, de donner à l’enfance l’instruction qui lui sera nécessaire pour suivre une carrière. L’Université de FRANCE est moins sage. Elle produit un déclassement plein de périls. Les Arabes ont un proverbe qu’il est bon de rappeler : « La science, c’est la pluie du ciel : quand une goutte d’eau tombe dans une coquille entr’ouverte , elle produit la perle ; si elle tombe dans la bouche de la vipère, elle produit le poison. »

  De fort honnêtes gens, menant une existence obscure, l’un dans son comptoir, l’autre dans son bureau, rêvent pour leur fils les plus hautes destinées. Le collège leur met en main les annales des républiques de l’Antiquité. On façonne ces jeunes intelligences à l’admiration de la vie publique, théâtrale, et bruyante. Ces enfants destinés à d’humbles professions, ne rêvent que chimères. L’un se croit CICERON et l’autre CESAR. On fait retentir la tribune aux harangues, où l’on franchit le RUBICON. C’est dans cette atmosphère trompeuse que se développent les facultés de sa jeunesse. Elle n’apprend ni le respect de l’autorité, ni le charme de la vie simple et obscure, ni les douceurs de l’obéissance, ni la satisfaction du devoir accompli. Les générations se succèdent ainsi, ambitieuses, pleines d’orgueil, ignorantes et sceptiques. Le mal semble sans remède et cependant il y en a un. Celui-là est infaillible. Il consiste à élever la jeunesse pour sa réelle destination. Nos enfants seront un jour chefs ou sous-chefs de bureaux, manufacturiers, marchands, capitaines, agriculteurs, médecins ou notaires ; pourquoi donc leur montrer avec complaisance les Gracques luttant contre les praticiens. SYLLA triomphant des plébéiens ; CATALINA conspirant ; puis OCTAVE, ANTOINE et LEPIDE, s’arrachant des lambeaux de pouvoir. Qu’importent à ce futur commis, à cet apprenti marchand, les faits et gestes de TIBERE, de CALIGULA, de CLAUDE ou de NERON ; il n’en retiendra rien, mais il ressentira le dédain pour la vie privée, l'existence obscure, la carrière modeste à laquelle il ne saurait se soustraire. Les Arabes ont un proverbe qu'il est bon de rappeler : "La science c'est la pluie du ciel : quand une goutte d'eau tombe dans une coquille entr'ouverte, elle produit la perle ; si elle tombe dans la bouche de la vipère, elle produit le poison".

ARTICLE ECRIT PAR JACQUES LONG, CONSACRE AU FRERE PHILIPPE (1792-1874- CHEVALIER DE LA LEGION D'HONNEUR,("LA COHORTE" REVUE DE LA SOCIETE D'ENTRAIDE DES MEMBRES DE LA LEGION D'HONNEUR)
ARTICLE ECRIT PAR JACQUES LONG, CONSACRE AU FRERE PHILIPPE (1792-1874- CHEVALIER DE LA LEGION D'HONNEUR,("LA COHORTE" REVUE DE LA SOCIETE D'ENTRAIDE DES MEMBRES DE LA LEGION D'HONNEUR)


 DISCOURS A LA DISTRIBUTION DES PRIX DU PENSIONNAT DES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES A DREUX PRONONCE PAR LE GENERAL JOACHIM AMBERT

« Mes chers amis,

« … C’est donc aujourd’hui une fête de famille, la fête de vos parents plus que la vôtre. Ces livres et ses couronnes vous rappellent vos succès de l’année qui vient de s’écouler . Ils vous annoncent le retour momentané dans la demeure paternelle. Vous allez retrouver les caresses des parents et des amis ; vous allez jouir enfin d’une demi-liberté qui sera utile à votre éducation, puisque vous aurez les conseils du père après les leçons des maîtres. Votre joie part d’un bon sentiment, l’amour de la famille. Mais dans ces livres et dans ces couronnes, vos familles et surtout vos mères voient bien autre chose que le présent qui fuit rapidement. Elles songent au passé et à l’avenir ; elles se souviennent avec attendrissement de vos premières larmes et de vos premiers sourires. Elles revoient ces longues nuit douloureuses alors qu’elles veillaient près de votre berceau aux heures de la maladie ; elles n’ont pas oublié ces alternatives de craintes et d’espérances, et les prières qu’elles adressaient au ciel pour votre guérisson, et les larmes qu’elles répandaient sur votre couche, DIEU a entendu ces prières, il a compté ces larmes , il vous a rendu à la tendresse de vos mères. C’est là un souvenir ; en vous voyant aujourd’hui grands et presque savants, elles sont heureuses. A côté de ces souvenirs sont les espérances , car ces livres et ces couronnes sont des promesses pour l’avenir. Vos mères voient dans le lointain, un lointain de 30 ou 40 années, la vieillesse entrer au logis. Le travail devient trop lourd pour la tête et les bras du père. Les soucis, les inquiétudes apparaissent… Dans quelques années, vous serez dispersés sur mille routes différentes. Peut-être s’en trouvera-t-il de pénibles ; peut-être y aura-t-il des moments de lassitude ; mais, si les forces vous abandonnaient, souvenez-vous de vos père et mère, de leur tendresse, de leurs sacrifices, et, retrempés par ce souvenir, soyez courageux et gens d’honneur. Ces mots « courage » et « honneur », semblent gravés sur les murs de cette maison par les mains de vos maîtres… Vos maitres vous enseignent le respect ; ils vous font comprendre l’ordre, l’obéissance aux lois ; ils vous disent ce qu’est le devoir ; enfin, ils vous pénètrent d’une grande vérité , c’est que DIEU n’a pas dit au pauvre « prenez » mais qu’il a dit au riche : « donnez «… J’ai dit mes amis, que les frères donnaient l’exemple du courage. Vous pensez, peut-être, qu’il n’appartient qu’au soldat et ne s’exerce qu’à la guerre. Vous êtes dans l’erreur. Le courage est une vertu civile autant que militaire. Le courage vit sous le chaume et dans l’atelier, aussi pur que dans les châteaux ou dans les villes. Le courage consiste surtout à résister aux mauvais conseils et aux mauvais exemples, à ne pas suivre aveuglément la foule, enfin à savoir discerner le bien du mal et à repousser énergiquement le premier. Ayez le courage de résister aux mauvais conseils et aux mauvais exemples «

Ce discours, prononcé en 1878, fut reproduit dans de nombreux journaux d’époque.

 

LE FRERE PHILIPPE, SUPERIEUR GENERAL DES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES QUI PRODIGUA AVEC SON INSTITUTION, DES SOINS A PLUS DE 10 000 BLESSES ET 30 000 MALADES DURANT LA GUERRE DE 1870-71
LE FRERE PHILIPPE, SUPERIEUR GENERAL DES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES QUI PRODIGUA AVEC SON INSTITUTION, DES SOINS A PLUS DE 10 000 BLESSES ET 30 000 MALADES DURANT LA GUERRE DE 1870-71