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LES RECITS MILITAIRES

LES RECITS MILITAIRES par le Général Joachim AMBERT – Tome : L’invasion (521 pages) – Tome II : Après SEDAN (447 pages) – Tome III : La LOIRE et l’EST (467 pages) – Tome IV : le siège de PARIS (517 pages). Parus de 1884 à 1886 – Source précieuse et impartiale – 80 000 exemplaires vendus en six mois –

LOUIS VEUILLOT (1813-1883)
LOUIS VEUILLOT (1813-1883)

TOME I

« PARIS, le 15 Octobre 1883.

« A Messieurs les Directeurs de la « Gazette du Dimanche «

« Lorsque vous avez fondé en 1881 la « Gazette du Dimanche », une part considérable de la rédaction a été consacrée à des études biographiques. Votre publication devait faire connaître les célébrités du XIXème siècle, hommes d’Etat, savants, artistes et capitaines. Les biographies n’étaient pas des éloges académiques, mais la peinture fidèle d’un caractère, le récit véritable des qualités personnelles, le souvenir reconnaissant des services rendus, et parfois aussi quelques critiques sans malveillance , car nous voulions un portrait ressemblant. Par leur variété même les biographies conduisaient le lecteur sur les routes diverses où l’homme se distingue et sert d’exemple aux contemporains ou au descendants. Le succès des études sur les hommes de guerre nous a prouvé que l’esprit militaire n’était pas éteint dans notre FRANCE si cruellement éprouvée. Depuis longtemps, votre patriotisme vous faisait considérer cet esprit militaire comme l’espoir unique et suprême de la FRANCE vaincue. Nous avons pensé, avec vous, qu’il ne fallait pas jeter sur nos armées écrasées par le nombre un voile trop épais. Les biographies militaires de la « Gazette du Dimanche » nous ont semblé de nature à paraître dans un cadre plus vaste. Au lieu d’une figure seule, nous avons voulu montrer la foule. Le tableau a remplacé le portrait. Celui-ci était toujours brillamment éclairé, celui-là renfermera des ombres, mais aussi des rayons lumineux. On a beaucoup écrit sur la guerre de 1870-1871… Lorsque la fortune nous souriait, l’idée de patrie n’attirait pas nos esprits. Tout était sujet de distractions passagères. Les arts brillaient d’un éclat véritable, les sciences atteignaient des bornes inconnues, le sol était riche de moissons, notre diplomatie dictait des lois au monde et nos armées ne remportaient que des victoires. C’était là du moins, ce que voyait la foule superficielle. Elle oubliait la patrie… Le mot « patrie » se prononçait dans les solennités politiques, retentissait aux théâtres, coloriait le vers du poète, mais la foule n’y attachait pas un sens précis, encore moins une pensée d’amour… La patrie nous est apparue avec son cortège de berceaux et de tombes. La douce chaîne ; nous avons revu la vieille FRANCE de SAINT-LOUIS, de FRANCOIS Ier, d’HENRI IV et de LOUIS XIV. Devant nos yeux troublés, les siècles ont défilé, avec leurs progrès, leurs conquêtes, leurs bienfaits et leur gloire. Dans ce passé la patrie française planait sur l’EUROPE. Ses armes étaient redoutées sans envie et sans haine, car au glaive du guerrier se joignait toujours la croix du chrétien. Les noms de BOSSUET, de FENELON se mêlaient aux noms de TURENNE et de VAUBAN ; nos pères lisaient tour à tour CORNEILLE et MOLIERE, LA FONTAINE et RACINE. L’air que l’on respirait en FRANCE était pur, et le titre de Français attirait le respect. Tous ces souvenirs confus étaient l’image de la patrie. Depuis trop longtemps, la prospérité matérielle, les joies insensées, la soif de l’or avaient effacé cette image… En effet, ce ne sont pas nos soldats qui ont été vaincus en 1870, mais la nation française ; pour un tel effondrement il fallait de puissantes causes, car un peuple ne s’évanouit pas ainsi en quelques jours. Le devoir oblige à dévoiler ces causes, car un peuple ne s’évanouit pas ainsi en quelques jours… Mes enfants, aimez votre pays ! Aimez-le de toutes les forces de votre âme ; pour lui sacrifiez tout, jusqu’à votre vie. N’oubliez pas que l’Armée est non seulement l’honneur du pays, mais son protecteur éternel… Un jour, Louis VEUILLOT s’arrêta à une exposition de peinture, devant un tableau qu’il nous désigna de la main en disant « Nous voilà ! ». Le peintre, nommé COUTURE, avait voulu représenter « l’orgie romaine ». Deux hommes, jeunes encore, debout, le front pâle, embrassent d’un regard désolé les débris du festin et la souillure des convives. L’un de ces hommes est encore couronné de fleurs, l’autre vient d’arracher de son front cette couronne flétrie et la déchire d’une main fébrile. Que sont ces deux jeunes Romains ! Appartiennent-ils à la race des anciens légionnaires qui commandaient en maîtres, depuis les colonnes d’HERCULE jusqu’au fond de la GERMANIE. S’ils sont de cette race, ils en ont oublié les vertus. Ils étaient allés au festin et vidaient les coupes avant de les briser. Ce qu’ils méprisent maintenant, ils l’admiraient au début de l’orgie. Leurs compagnons que l’ivresse a renversés de leurs sièges et dont les têtes sont livides, leur semblaient beaux ; ils avaient des sourires pour LAIS et des flatteries pour le patricien enrichi de dépouilles. Au milieu de tant de convives, il s’en est trouvé deux que l’ivresse n’a pas aveuglés. Un vague remords s’éveille en leurs âmes, et leurs lèvres sont prêtres à maudire les joies misérables qui deshonorent la ROME nouvelle. Au-delà des étoffes précieuses tendues sur les murs, au-delà des étoffes précieuses tendues sur les murs, au-delà des vases grecs, au-delà des splendeurs du festin, ces deux hommes voient la patrie. C’est elle qui s’endort convulsivement dans l’orgie, c’est elle qui est tombée à ce degré d’avilissement, c’est elle qui ne pourra se tenir debout, l’épée à la main, lorsque le barbare apparaîtra armé de la torche et de la hache ! Louis VEUILLOT a-t-il raison de dire : « Nous voilà «. Je ne sais. Cependant j’aime à l’écouter lorsqu’il ajoute : « Laissez ces convives s’énivrer, laissez-les à la honte de leurs orgies, hommes meilleurs et plus heureux ! Emportez votre colère, gardez et nourrissez votre douleur. Quand le mal triomphe, heureux qui peut s’honorer de le haïr ; quand la patrie succombe, heureux qui l’aime encore et sait la pleurer !.. Sortez du banquet et de la ville, allez par les voies où dorment les ancêtres, dans l’air libre des champs. Le spectacle du tombeau vous sera plus doux que le son lascif des flûtes. Passant devant les grands restes de ceux qui ont été la force et la gloire de la patrie, vous leur direz : O Pères, venez-nous en aide… Ne nous laissez-pas périr sans qu’une lumière divine n’éclaire nos pas ».

 

"LES ROMAINS DE LA DECADENCE" DE THOMAS COUTURE
"LES ROMAINS DE LA DECADENCE" DE THOMAS COUTURE

Tome II

« PARIS, le 30 avril 1884

« Au lecteur

« … Les hommes de nos jours ne sont pas inférieurs à leurs ancêtres et les femmes surpassent leurs mères en vertus et en courage. Mais ces hommes et ces femmes forment une société mal dirigée, ou plutôt dirigée par des guides aveugles et ignorants. Au lieu d’être agrandi, élevé, l’homme est amoindri et abaissé… Un ministre d’ANGLETERRE, Lord BROUGHAM disait : « La FRANCE serait trop vaillante, trop riche, trop heureuse, trop redoutable si, tous les quinze ou vingt ans, une révolution ne venait l’affaiblir ». La nation y perd beaucoup, et les individus n’y gagnent rien, à part quelques ambitieux sans valeur… Nous aimons, en FRANCE, parler de nos droits, et n’en déterminons même pas les limites… Un sage a comparé la FRANCE actuelle au laboureur qui se plaindrait que son champ produit de mauvaises herbes, après avoir semé des grains corrompus. La terre est bonne, les fruits seront excellents si nous savons choisir le laboureur. »

 

Tome III

PARIS, le 31 janvier 1885

« Au lecteur

« Cette troisième série contient le récit des derniers événements de la guerre. Après avoir lu la page qui termine le livre, tout lecteur éprouvera une douloureuse impression. Quelle que soient sa nationalité, sa condition sociale, ses idées religieuses, ses opinions politiques, et même ses sympathies personnelles pour telle ou telle cause, il ne saurait voir sans douleur une grande et généreuse nation terrassée comme si l’ennemi avait voulu son extermination. Dans cette lutte, le vainqueur a fait preuve de science et de courage, mais il a méconnu les droits de la guerre et le droit des gens. Il a fait reculer la civilisation chrétienne… Y avait-il là une expiation ? Nous serions tenté de le croire ; mais on peut affirmer que de telles catastrophes sont les conséquences de fautes antérieures et souvent forust anciennes. Aussi bien que les individus, les nations sont soumises à une logique inflexible. Le châtiment se fait attendre, mais il arrive tôt ou tard. Pour le vulgaire, nos défaites s’expliquent par ses mots : « Nous n’étions pas prêts « . Ceux qui pensent ainsi prennent un effet pour une cause. Un peuple qui méconnaît la religion des ancêtres, oublie ses devoirs pour ne songer qu’à ses droits, et n’a de respect ni pour l’autorité, ni pour la famille, ni pour les services rendus, ni même pour la loi ne saurait être prêt pour les grands dangers. Il n’est pas une intelligence en FRANCE qui, dans les conversations privées, ne dévoile les causes de nos désastres. Ces causes sont plus morales que matérielles. Notre caractère mobile, nuit à notre cœur loyal, et notre esprit ardent à notre âme généreuse. Cette terrible guerre de 1870-1871 doit attirer notre attention, moins pour apprend sacrifices , à l’heure où la patrie est en dare l’art de combattre, que pour enseigner aux foules combien sont fragiles les œuvres humaines, impuissantes les constitutions politiques pour le salut des nations, et faible ce que nous nommons la force publique. Cette guerre et les événements qui l’ont suivie suffisent à notre génération ; nous ne pouvons que recueillir les souvenirs. C’est à nos enfants et aux enfants de nos enfants qu’il faut demander le salut de la FRANCE. Aussi toutes les pages de ce livre sont écrites pour eux. Qu’ils y retrouvent les traces de nos souffrances, qu’ils apprennent à éviter nos fautes, qu’ils aiment cette chère patrie française et que, pour elle, ils se préparent à tous les sacrifices ! C’est donc aux enfants qu’un vieux soldat dédie ce livre à tous les enfants de notre pays, et à vous en particulier, mes petits-enfants : Joachim DEMANGE, Pierre DEMANGE, et vous, Marie-Madeleine ; demandez à DIEU de protéger la FRANCE ; il écoute la voix des petits enfants.