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LOUVOIS

LOUVOIS (1641-1691) par le Général Joachim AMBERT ouvrage de 368 pages (1881)


 

… LOUVOIS partageait sincèrement les idées de LOUIS XIV. Comme le Roi, il aimait l’autorité ; son goût pour les choses militaires était semblable à ceux du Roi, et tous deux, le monarque et le sujet, avaient le sentiment patriotique. A leurs yeux, l’EUROPE devait respect à la FRANCE , et l’épée de la FRANCE pouvait toujours protéger ou châtier… LOUIS XIV règne et gouverne… La nature l’avait royalement doté. A l’âge de vingt-trois ans il savait se faire obéir et respecter ; il donnait à ses ministres l’exemple du travail et les tenait en haleine, en ne les perdant pas de vue. Rien de ce qui pouvait contribuer à la grandeur et à l’éclat de son règne ne lui était étranger. Les lettres et les arts recevaient de lui des encouragements, et il savait honorer toutes les carrières. Sa grande qualité était la connaissance des hommes… Si on lit attentivement l’histoire de cette époque, on voit qu’après la mort de TURENNE, l’influence de LOUVOIS prit un plus grand développement et qu’il eut ses coudées franches … LOUVOIS croyait ou feignait de croire que tous les hommes sont égaux en valeur intrinsèque, et que les choix deviennent indifférents ; il croyait que le pouvoir, qui domine tout, suffit pour tout prévoir, tout diriger, et que les choses font plus que les hommes. Ce principe ministériel est démenti par la nature humaine, ce qui n’empêche pas qu’il a survécu à LOUVOIS et que le XIXème siècle, en héritant de l’erreur du XVIIème, a vu d’importantes catastrophes produites par de mauvais choix dans le personnel… Les Chinois nomment la guerre « la grande affaire », et la morale « la grande science « . Il faut toujours appliquer la grande science à la grande affaire, ce que LOUVOIS ne comprit pas. La guerre est le triomphe de la force mais il ne faut pas que cette force soit uniquement matérielle et mécanique, comme LOUVOIS le pensait. La matière a des limites fort étroites, tandis que l’influence morale est constante et sans bornes. C’est donc l’homme qui doit occuper la première place dans les institutions ; car l’homme est l’être supérieur qui pense en agissant, tandis que la machine, quelque savante qu’elle soit, demeure toujours sans âme… LE TELLIER et LOUVOIS ont rendu d’immenses services en constituant les armées, en les organisant, en les administrant et surtout en les moralisant. Ils ont puissamment contribué à la grandeur de la FRANCE et aux gloires de LOUIS XIV… Outre son travail de cabinet, qui aurait suffi pour accabler un homme même supérieur, LOUVOIS montait à cheval pour visiter les places fortes, inspecter les troupes, donner son avis sur les ouvrages qu’il discutait avec VAUBAN. Sans prévenir les diverses autorités, il arrivait dans une province, et d’un prompt coup d’œil se rendait compte de l’exécution des ordres, louant les uns, blâmant les autres, brisant toutes les résistances et parlant haut et ferme au nom du Roi… Quelques hommes étrangers au métier des armes ignorent que la guerre a sa moralité, son humanité, et que les peuples, c’est-à-dire les vieillards, les femmes et les enfants doivent être respectés. Une armée combat une armée, et ne doit pas ruiner un pays par le pillage. Tous les grands capitaines, ALEXANDRE, CESAR, ANNIBAL, TURENNE, ont été fidèles à ces principes… Si LOUVOIS n’a pas eu sur le règne de LOUIS XIV une influence complète, unique, indiscutable, il n’en faut pas moins reconnaître qu’il a exercé sur les affaires de la guerre une autorité presque souveraine… Après avoir connu la vie de LOUVOIS, nous n’avons pu nous défendre de penser à ces deux maximes de LA ROCHEFOUCAULD : « Celui qui croit pouvoir trouver en soi-même de quoi se passer de tout le monde, se trompe fort ; mais celui qui croit qu’on ne peut pas se passer de lui, se trompe encore davantage. » « Il y a de méchantes qualités qui font de grands talents ».