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LE MARECHAL BUGEAUD

LE MARECHAL BUGEAUD (1784-1849) par le Général Joachim AMBERT 5ème série extrait des « ILLUSTRATIONS ET CELEBRITES DU XIXème SIECLE (1884-1886) p. 69 à p. 117.


« Il y avait trois hommes dans le Maréchal BUGEAUD : le soldat, le paysan et l’avocat ; le soldat, le paysan et l’avocat ; un quatrième s’y trouvait ainsi que l’écrivain militaire. Tour à tour chacune de ces natures prenait le dessus sans que jamais aucune d’elles s’effaçât pour laisser dominer les autres. En AFRIQUE BUGEAUD ne cessait pas d’être le premier capitaine. En FRANCE, le capitaine se mélangeait d’avocat politique, laissant au paysan une grande place. En tous lieux il aimait à prendre la parole, à professer non sans une certaine éloquence où le bon sens dominait. Même dans ses expéditions africaines, il se préoccupait de la culture de la terre, étudiant le produit du sol, admirant les plaines fertiles et développant ses théories sur le reboisement des forêts, sur les peuples pasteurs, sur les cours d’eau ou sur les meilleurs systèmes de labourage. Tout cela s’entremêlait de considérations militaires, de plans de campagne, de projets séduisants parce qu’ils étaient vrais… Avant tout, et par-dessus-tout, BUGEAUD était soldat. Souvent, en AFRIQUE comme à PARIS, il disait à quelque jeune officier : « Asseyez-vous là ; écrivez « . Puis, tout à coup, en se promenant à pas lents, il dictait l’un de ces admirables chapitres sur la guerre qui ont fait l’admiration des officiers de tous pays. BUGEAUD n’était donc pas taillé tout d’une pièce… Le Maréchal BUGEAUD était donc un homme positif, nullement idéal, riant de la poésie et des poètes, des beaux-arts et n’ayant qu’une froide sympathie pour les savants de profession, les orateurs et les gagnants au jeu de la politique. Ayant déposé la plus grande part de ce précieux fardeau que porte chacun de nous et qui se compose de croyances plus ou moins douces, BUGEAUD put cheminer à l’aise, toujours sur le droit chemin, battu en tous sens par la marche des honnêtes gens… Nous avons souvent pressé avec fierté la main loyale qu’il nous tendait, nous avons été heureux de lui obéir, notre admiration l’a suivi longtemps, pour manquer le respect à sa mémoire si glorieuse ; mais il était de son temps où le scepticisme gouvernait et régnait. Sa mort, en 1849, fut une catastrophe. Ses conseils eussent été utiles lorsque se préparait une grande crise … Il est temps de dire que BUGEAUD avait un cœur d’or. D’une bonté inépuisable, il secourait l’infortune quelle qu’elle fût… Comme chef, il rendait justice au mérite. Son amour pour le soldat lui fit donner le nom de « Père BUGEAUD ». Toujours accessible il entendait les plaintes et les réclamations. Ceux qui ont servi sous ses ordres ne saurait oublier son activité, sa liberté d’esprit et le souci qu’il prenait de ses soldats. Le premier levé, le dernier couché, il se promenait seul dans le camp après les longues marches, examinant la nourriture, écoutant les propos, interrogeant sous-officiers et soldats, observant les horizons, pour connaitre le soleil ou la pluie du lendemain… Souvent il faisait appeler quelque officier de grade peu élevé, et qu’il connaissait depuis longtemps. Alors, sa conversation toujours charmante faisait oublier les heures. Il devenait avocat, mais avocat sans morgue, plaidant le vrai et prouvant la supériorité du bon sens sur les habiletés de l’éloquence convenue. Sa tenue de campagne était peu guerrière. Nous l’avons vu souvent parcourir les bivouacs coiffé d’un bonnet de coton. Sa casquette (képi à visières antérieure et postérieure) est devenue légendaire… BUGEAUD fut outrageusement calomnié, il en souffrit et la blessure qu’il reçut dans son honneur de soldat se guérit à la longue, mais la cicatrice dura toujours, même après la glorieuse journée d’ISLY. On l’accusait de cruauté et il était bon, de sottise et il était spirituel, d’ignorance et il n’était étranger à aucune question ; plus que personne, Thomas BUGEAUD prouva que de la calomnie il reste toujours quelque chose. Même de nos jours, ou la postérité commence pour lui, bon nombre d’esprits plus ou moins cultivés ne voient dans le Duc d’ISLY qu’un capitaine distingué, aux allures communes, administrateur médiocre et sans portée… Ses collègues à la Chambre des Députés, ses concitoyens eux-mêmes qu’il a comblés de bienfaits n’ont pas mis à le défendre l’ardeur qu’exigeaient la justice et l’honneur national… La bataille d’ISLY est le plus beau triomphe du Maréchal BUGEAUD… La victoire d’ISLY eut un grand retentissement dans toute l’EUROPE et dans le monde musulman. Le Roi LOUIS-PHILIPPE écrivit au Maréchal BUGEAUD une lettre extrêmement flatteuse, et l’éleva à la dignité de Duc d’ISLY… Des « Te Deum » furent chantés dans les églises de France ; des réjouissances publiques, des fêtes de toutes sortes prouvèrent que la FRANCE comprenait l’importance de la victoire d’ISLY. Le Maréchal devint populaire, et les félicitations lui parvinrent de toutes parts. La population algérienne offrit une épée d’honneur au Maréchal. Sur la lame se lisait la devise de Thomas BUGEAUD « ense et aratro » (« par l’épée et par la charrue »)… Le Maréchal BUGEAUD ne cessa pas de représenter la France dans l’Assemblée Nationale. BUGEAUD donna un grand exemple de sagesse, en prononçant ces belles paroles trop oubliées de nos jours : « Les majorités sont tenues à plus de modération que les minorités ». Le Maréchal BUGEAUD, Duc d’ISLY a laissé des œuvres militaires extrêmement remarquables. Le style en est clair, concis, sobre de détails ; il posait des principes toujours vrais. L’officier entrant en campagne emportait ces petits volumes qu’il lisait et relisait au bivouac : c’était le catéchisme de l’homme de guerre. Ces livres ont été traduits en arabe, en allemand, en anglais, en russe, en autrichien, en suédois, en italien. Les Arabes nommaient BUGEAUD « El-Kébir » (« le Grand ») ou bien « le maître de la fortune ». Le 10 Juin 1849, le choléra enleva rapidement celui que les balles ennemies avaient tant de fois épargné. Lorsque le bruit de sa mort se répandit dans PARIS, une foule immense accourut sous les fenêtres de sa demeure, la désolation se lisait sur tous les visages, et nous avons vu de vieux soldats verser des larmes au souvenir de celui qu’ils avaient tant aimé… Une statue se dresse sur la place publique de PERIGUEUX. Il n’eut d’ennemis que dans le monde politique. »