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MARECHAL DE SAINT ARNAUD

LE MARECHAL DE SAINT-ARNAUD (1798-1854) par le Général Joachim AMBERT portrait biographique extrait de « ILLUSTRATIONS ET CELEBRITES DU XIXème siècle » (1881-1886) page 189 à page 244. (2ème série)

le maréchal de Saint Arnaud
le maréchal de Saint Arnaud

… Il avait une vertu militaire plus rare qu’on ne pense : il aimait le soldat. Pour cet homme qui sait mourir, SAINT-ARNAUD avait une véritable tendresse, un sentiment inconnu dans la vie civile. » Le Général Joachim AMBERT a bien connu de SAINT-ARNAUD en AFRIQUE. Ecoutons le : « presque toujours souffrant, il luttait contre la maladie, et certes si l’ambition ne l’avait pas soutenu, il serait mort depuis longtemps. C’est un beau spectacle que celui d’un homme épuisé avant l’âge, tourmenté de mille maux, en proie à la fièvre, et dont l’âme est assez forte pour dompter « l’autre ». On voyait quelquefois SAINT-ARNAUD pâle, le front courbé, les genoux tremblants, enveloppé de burnous, se traîner péniblement. La poudre parlait, alors il semblait sortir d’un rêve, jetait tous ses manteaux, relevait la tête, retrouvait sa gaité, sa jeunesse, ses élans, et chassait la fièvre, à la grande surprise des docteurs. Notre but n’est pas d’écrire la guerre d’AFRIQUE, mais de tracer le portrait d’un homme que nous avons connu, qui a été mal jugé, calomnié, et dont les historiens futurs déchireraient peut-être les états de service pour transformer cet homme en heureux aventurier devenu Maréchal de FRANCE, à la suite d’une conspiration de palais. Nous nous bornerons à dire que SAINT-ARNAUD a toujours été l’un des meilleurs officiers d’AFRIQUE… Nouveau venu dans le gouvernement du pays, le ministre SAINT-ARNAUD étudia toutes les questions. Il s’agissait de fonder l’EMPIRE et de le montrer sage, fort, mais par-dessus tout, juste et bienveillant. SAINT-ARNAUD passait de longues heures à étudier les dossiers des officiers, à lire les notes de chacun, afin que l’avancement fut la récompense du mérite. Il comprenait que la faveur, le caprice, l’engouement corrompraient peu à peu le personnel, et qu’à l’heure des périls l’Armée s’écroulerait sous l’incapacité des protégés. Il disait hautement qu’à ses yeux l’avancement n’était pas seulement un acte de justice mais de prudence. Hélas ! les ministres de la Guerre qui vinrent après lui oublièrent qu’ils avaient charge d’âmes ; l’avancement devint entre leurs mains une monnaie courante, qu’ils distribuèrent largement aux parents et amis. Les notes des inspecteurs généraux ne furent même pas ouvertes, et l’Armée dut subir de véritables humiliations, et assister aux promotions scandaleuses. Des hommes occupant les grades les plus élevés de la hiérarchie militaire, empruntèrent au vocabulaire des carrefours un langage que l’officier français ne supportait sans blessures. Les ministres de la Guerre se souciaient peu des amis de l’Empereur ; ils songeaient à leurs gendres, à leurs cousins, à leurs familiers. L’Empereur ne voyait pas que les amis qui avaient contribué à la fondation de l’Empire étaient repoussés par ceux-là mêmes qui l’avaient combattu. Il a été de mode, depuis la guerre, d’accuser le maréchal LEBOEUF de tous nos désastres ; ses prédécesseurs au ministère sont les vrais coupables. LEBOEUF pouvait-il, en quelques jours ou quelques semaines, réparer les fautes de tant d’années ? Le maréchal LEBOEUF avait cent fois plus d’intelligence, plus de savoir, plus de patriotisme, plus d’esprit militaire, plus de dévouement au devoir que ceux qui sont les vrais coupables et que l’on affecte d’oublier… Trois hommes auraient pu sauver l’EMPIRE : SAINT-ARNAUD, PELISSIER et BUGEAUD ; encore le dernier, par son contact avec les corps délibérants avait-il, peut-être, senti ses angles s’arrondir et son empreinte s’effacer. Mais SAINT-ARNAUD et PELISSIER eussent, certainement, arraché le Souverain au charme trompeur des robins ; il devint leur victime après avoir été leur jouet. Le Maréchal de SAINT-ARNAUD fut-il un grand homme ? Un grand capitaine ? Il faudrait, avant de répondre à ces questions, définir le grand homme et le grand capitaine. Le plus prudent est de dire que le temps où les circonstances lui ont manqué, mais on ne saurait mettre en doute une très grande supériorité. Si, par la pensée, nous plaçons SAINT-ARNAUD au milieu des hommes appelés à gouverner les sociétés, il les dépasse de cent coudées. En CRIMEE, Lord RAGLAN et OMER PACHA l’écoutent avec respect et se soumettent à ses avis ; à PARIS, il avait en quelques jours dominé les beaux diseurs, et d’un coup d’œil imposé silence aux donneurs de conseils. Ce proverbe russe nous revient en mémoire : « Il faut plus d’un jour pour faire le tour d’un homme « . Parmi ceux qui ont porté des jugements sur SAINT-ARNAUD, beaucoup n’avaient pas mis assez de temps pour faire le tour complet. Louis VEUILLOT a peint le maréchal SAINT-ARNAUD, le lendemain de sa mort, dans une étude remarquable et qui le fit connaître ; VEUILLOT n’a que des louanges pour le Maréchal. Un académicien, SAINTE-BEUVE, porte le jugement, non sur le guerrier ou le chrétien, mais sur l’homme du monde, l’écrivain, le diseur : « Il s’est trouvé écrivain sans le savoir, et sans y viser ». Ses lettres, conservées avec intérêt dans sa famille et publiées par elle, sont toutes naturellement une des productions les plus agrèables, de cet esprit français, si vif, si net, si improvisé… Après l’avoir beaucoup connu, nous l’avons beaucoup aimé. Nul ne mérita plus que lui le nom de « charmeur ». Les uns ont aimé en lui le beau courage du mousquetaire, les autres son âme religieuse ; nous aimons surtout l’entrain qu’il mettait à passer le Rubicon.