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LE MARECHAL SOULT

LE MARECHAL SOULT (1769-1851) 12ème série, portrait biographique, extrait des « ILLUSTRATIONS ET CELEBRITES DU XIXème SIECLE » (1884-1886) p. 91 à p. 125

BIOGRAPHIE DU MARECHAL SOULT PAR LE GENERAL JOACHIM AMBERT PARUE DANS LA GAZETTE DU DIMANCHE
BIOGRAPHIE DU MARECHAL SOULT PAR LE GENERAL JOACHIM AMBERT PARUE DANS LA GAZETTE DU DIMANCHE

« Peu d’hommes illustres ont été jugés, par leurs contemporains, aussi sévèrement que le Maréchal SOULT. Les historiens, les publicistes et les salons se sont montrés injustes, envers le glorieux vétéran qui, au terme de sa vie, était le représentant et le dernier survivant des armées impériales. Cette sévérité tenait au caractère du Maréchal bien plus qu’à ses défauts. Habitué depuis sa jeunesse aux grands commandements, SOULT avait des allures impératives. Sa froideur silencieuse, son regard hautain cachaient une grande bonté. Mais cette bonté n’était jamais familière, et sa maison seule en connaissait l’étendue. Entré un peu tard dans le gouvernement parlementaire, il y était mal à l’aise… Il était vraiment pénible de considérer cet homme, que les grandes armées avaient vu à leur tête, qui avait présidé au sort des Etats, arriver un portefeuille sous le bras, au milieu de cette mêlée des partis, pour y subir un contrôle souvent cruel. Mais le Maréchal SOULT se soumettait à de douloureuses épreuves pour le service de la FRANCE… Tel a été le Maréchal que nous avons connu. Le théâtre parlementaire avait pour lui trop d’échos. La tribune et la presse se plaisaient à fausser sa parole, à lui ôter sa gravité, son sérieux et ce qu’elle avait de respectable. La grande qualité du Maréchal SOULT était une autorité dont nul autre que lui ne jouissait pleinement. Son attitude, son regard, l’accent de sa voix respiraient le commandement. Sa vieille et haute expérience lui rendait facile la solution des difficultés. Grand organisateur, il voyait de très haut les questions militaires, et les tranchait pour le bien du service. Mais chaque jour, et pour ainsi dire à chaque heure, son ministère était livré aux discussions puériles des députés, de commissions, de bureaux qui mettaient leur plaisir à créer des difficultés au ministre de la Guerre… Nous avons eu l’honneur de faire partie de l’état-major particulier du Maréchal SOULT, par conséquent de vivre près de lui, de le voir, de l’entendre, d’assister à ses travaux et de les partager quelquefois ; la vérité nous oblige à dire que le Maréchal, dans sa vie privée, était un père de famille modèle, plein de tendresse pour ses petits-enfants ; constamment préoccupé de leur bonheur, ce grand capitaine devenait tremblant près d’un berceau comme la plus tendre des mères. Quant à son savoir, SOULT, fils d’un notaire, avait reçu l’instruction de la bourgeoisie ; mais la haute situation qu’il occupa, ses voyages, ses relations, en un mot sa vie publique, firent de lui un homme très remarquable. A part ses connaissances spéciales, il possédait admirablement la géographie, l’histoire moderne et la diplomatie. Son style était simple, énergique, sobre d’épithètes, et son écriture eût fait honneur aux vieux maîtres. Les relations de service ne pouvaient être plus douces, plus agréables qu’auprès du Maréchal SOULT. Quelqu’impératif que fût son caractère, jamais il ne cessait d’être bienveillant envers ses officiers. Avare de son temps, il ne fallait jamais en abuser ; aller droit au but était son système. Jamais il ne parvint de ses campagnes et ne prononçait de jugements sur les hommes qu’avaient joué des rôles importants. Il aimait les silencieux, et pour lui plaire le secret était d’attendre modestement… Nicolas-Jean-de-Dieu SOULT était né à SAINT-AMANS (département du TARN) en 1769, la même année que NAPOLEON et que CHATEAUBRIAND… Nous avons dit que le trait caractéristique de la physionomie de SOULT était une énergie prodigieuse. Son tempérament d’abord, puis l’habitude de la domination avaient imprimé à sa personne une force de volonté devant laquelle tout cédait ; sa femme seule le dominait… SOULT n’était pas « esclave » dans son ménage, et il ne risquait jamais « souffrir » de sa femme. La Duchesse de DALMATIE ne pouvait que donner d’utiles conseils ; son dévouement au Maréchal fut la consolation de celui-ci aux heures des disgrâces. Elle cicatrisa plus d’une plaie, elle consola de grandes infortunes, empêcha des fautes et se montra toujours bonne. Elle fut la Providence du Maréchal qui mourut en bénissant cette digne compagne de sa vie… Fatigué des intrigues politiques, ne pouvant jamais exécuter ses vastes projets, ne comprenant pas les manœuvres de couloir, ignorant le langage étudié de la tribune, le Maréchal SOULT voulu se retirer. Nous lui avons entendu dire que l’homme, avant de mourir, doit se recueillir. Il résilia ses fonctions de Ministre de la Guerre le 10 Novembre 1845 et celles de Président du Conseil le 1er Septembre 1847… SOULT se retira dans sa magnifique terre de SOULT-BERG . Il y mourut presqu’octogénaire le 16 Novembre 1851, peu de temps avant le coup d’Etat de Décembre. Son corps repose aux lieux où il était né. Sa statue de marbre, œuvre de PRADIER, se voit au Musée de VERSAILLES… Le maréchal SOULT a été le dernier survivant de l’époque impériale ; seul il avait vu les guerres de la Révolution et celles de l’Empire ; il avait assisté aux règnes de LOUIS XVIII et de CHARLES X ; plusieurs générations de généraux étaient passées devant lui ; il connaissait l’état des armées de l’EUROPE et lorsque nous voyions ce vieillard marcher lentement par suite d’une blessure, et redresser son front chauve avec une fierté mêlée de tristesse, nous pensions involontairement que la connaissance du passé lui faisait devenir l’avenir ».